Saint Michel à La-Ciotat
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Historique
En 1535, le célèbre corsaire Barberousse arrive face à Procida. L'île de Procida se trouve au sud-ouest de l'entrée du golfe de Naples en Italie. Au moment ou il va donner l'assaut et alors que les habitants se sont abrités dans leurs fortifications, Saint Michel et sa milice apparaissent sue les remparts de la ville. Pris de peur les pirates s'enfuient et ne reviendront plus jamais.
Pour célébrer cette délivrance miraculeuse les Procidiens fêtent tous les ans la Saint Michel.
La Confrérie Saint Michel de Mers-el-Kébir, la plus ancienne association religieuse d'Algérie, qui existait depuis 1862, a été fondée officiellement le 10 mai 1878 par le père Roux, curé du village.
Le nom des "Turchini" donné aux membres de la confrérie vient de la mosette bleue qu'ils portent tout comme le faisait les "fratelli" (frères) fondateurs vers 1630.
Curieusement, bien que créée sur le territoire français, les statuts de l'association "Di San Michele Santissimo Sacramento", son nom initial, sont italiens. Ces statuts ont été probablement copiés sur ceux de la Confrérie de Turchini. Ils ont été écrits en italien comme la majorité des documents établis à Mers-el-Kébir. Les familles installées au village ne savaient pas encore lire et écrire en français et puis c'était une marque d'attachement à leurs coutumes et traditions et en particulier à celle à laquelle ils tenaient le plus, la Saint Michel.
Propos tirés du livre de Janvier Ferrara "Mers-el-Kébir, le Grand Port".
En 2003 le père Antoine Qulici écrivait :
Les premières processions en l'honneur de l'Arcange, se déroulèrent en l'église St Louis d'Oran, dès 1845, à la demande expressee des émigrés de Procida.
Au même jour que celles célébrées dans l'ile, c'est à dire le 8 mai.
Tandis que celles-ci se déroulèrent à Mers-el-Kébir, dès 1862, chaque 29 septembre.
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Saint Michel à Mers-el-Kébir
Le jour de la fête, une grande statue de Saint Michel , commandée par les pêcheurs en Italie, était portée par les descendants des pêcheurs de Procida. Revêtus de la longue robe blanche et de la mosette bleue, les "Fratelli" portaient l'Archange couvert d'or et d'argent à travers le village.
Sortie de l'église, la procession allait en premier à la Marine (Vieux Port) où la bénédiction de la mer et des bateaux était accompagnée d'un sermon.
Puis le cortège passait par le quartier Saint Michel pour une seconde bénédiction et enfin avant d'entrer à nouveau dans l'église on procédait encore à la bénédiction de la mer et de tout le village
La procession était accompagnée tout son long par les prières, la musique, le bruit des "cagnonets" (petit canons ?) et les chants des chorales.
Propos tirés du livre de Jacques Gandini "Eglises d'Oranie"
Le voyage de la statue
La nouvelle de l'abandon définitif de la base militaire de Mers-el-Kébir le 31 janvier 1968 a été annoncée le 14 juillet 1967. Dès septembre 1967 la décision de rapatrier la statue de Saint Michel était prise en concertation avec un certain nombre de personnes. Citons le père Melis (curé de la paroisse Salésien de Don Bosco), le Prieur de l'époque Antoine Soccoïa, la famille Piro de La Ciotat et le père Bonelli curé doyen de la ville qui acceptait d'accueillir la statue dans sa paroisse.
Henri Mongrenier et Antoione Soccoïa demandaient alors audience à l'évèque Monseigneur Lacaste pour avoir l'autorisation de faire venir la statue en France. Demande qui fut acceptée bien volontiers.
Militaire à cette époque, Henri Mongrenier, obtint à son tour l'autorisation de son chef de corps, le colonel commandant le génie de la base, pour entreprendre les formalités qui conduiront au voyage de la statue dans un conteneur de l'armée.
Une dernière messe du départ eu lieu le dimanche 3 décembre 1967 en la présence d'autorités et de personnalités diverses, de religieuses, des Oranais et les derniers Kébiriens encore sur place. Henri Mongrenier cite de mémoire (sans prétendre être exhaustif), Bénigne Riccio, Antoinette Balzamo, Michel et Paulette Riccio, Joseph Sellito, Dédé et Carmelette Costagliola, Joseph Soccoja et son épouse, un membre de la famille Gallardo, Jean Abad, Danielle Richarté et Antoine Soccoïa avec son épouse.
Cette dernière messe en présence de Saint Michel fut célébrée par 7 prêtres dont 3 du village.
Le lendemain, une dernière procession traversait le village dans un camion militaire ouvert, sous escorte en grande tenue. Le convoi emprunta la rue de l'église, la place du marché, la rue de la Mairie, la rue des Andalouses,le plateau Saint Michel et la rue du Général Leclerc. Pendant tout le trajet, les cloches carillonnaient à la volée.
La statue a transité ensuite par le camp du Génie à Bouisville. Le 7 décembre elle embarquait sur le St Hélène pour quitter définitivement la terre d'Afrique le vendredi 8 décembre pour Marseille.
En janvier 1968, Joseph, Pasca et Antoine Piro, Michel Romeo et Jean Freuchet réceptionnaient la statue au camp de Sainte Marthe. Le 29 septembre 1968 pour la première fois la communauté de Kébir célébrait la Saint Michel à La Ciotat.
Propos largement inspirés du texte d'Henri Mongrenier paru dans Fidèles et Unis N° 26 ( photos à l'appui)
14 Juillet 1967 l’annonce officielle est faite par les autorités militaires que l’armée française quittera définitivement la base de Mers-eL-Kebir le 31 janvier 1968.
En Septembre 1967, le père Melis, curé de la paroisse, Salésien de Don Bosco, Le prieur, Antoine Soccoïa, et Henri Mongrenier décidèrent de rapatrier la statue de St Michel en métropole.
La famille Piro qui résidait à la Ciotat, prit contact avec le père Bonelli, qui accepta d’accueillir la statue en sa paroisse.
Monseigneur Lacaste, évêque d’Oran, sollicité par Antoine Soccoïa et Henri Mongrenier donna son accord pour son rapatriement.
Henri Mongrenier étant adjudant, il obtint l’autorisation de son colonel pour placer la statue dans un container de l’armée.
Dimanche 3 Décembre 1967. Messe du Départ. Pour ces adieux au village, étaient présents dans l’église : Le Consul Général d’Italie qui immortalisa ces instants par un compte-rendu dans l’Observatore Romano, le représentant du général commandant la base interarmées, les religieuses Trinitaires, les Sœurs Notre dame du Liban, les religieuses Salésiennes avec la Supérieure, Sœur Marie Munoz, Sœurs Marie Acciaro, Yvonne Ida, Angéline, Catherine, beaucoup de militaires et des paroissiens d’Oran, et bien sûr, le dernier carré des Kébiriens : Bénigne Riccio, Antoinette Balzamo, Michel et Paulette Riccio, Joseph Sellito, Dédé et Carmelette Costagliola, Joseph Soccoïa (instituteur) et son épouse, Famille Gallardo, Jean Abad le coiffeur, Danielle Richarté, madame et monsieur Soccoïa (le prieur)
Cette messe du départ fut concélébrée par 7 prêtres dont 3 du village. Le lendemain, le lundi 4 décembre, le saint qui avait veillé sur le village pendant près d’un siècle, monté sur un véhicule militaire, à été pour la dernière fois porté en procession à travers les rues de l’église, la Place du marché, la rue de la Mairie, la rue des Andalouses et le Plateau St Michel.
Le Prieur Soccoïa, aidé par sœur Yvonne et Sœur Ida sonnaient les cloches à la volée.
Le jeudi 7 Décembre, le St Michel embarquait sur le cargo St Hélène pour arriver au camp militaire de Ste Marthe à Marseille où il séjourna jusqu’en Janvier 1968, date à laquelle Joseph Pascal, Antoine Piro, Michel Roméo et jean Freuchet en prirent livraison.
C’est le 29 Septembre 1968 que la communauté de Kébiriens put enfin célébrer St Michel à la Ciotat.
Jean-Baptiste Peruffo
A toi notre reconnaissance
C'est le chant spécifique des Kébiriens lors de la procession de la Saint-Michel

Saint-Michel à La Ciotat (compilation de textes de plusieurs personnes)
Cette fête se déroule sur une seule journée, le dernier dimanche de septembre.
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Documents ci-dessous remis par Monsieur Lucien Pugliese Président de l'Association Saint-Michel



